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Sunday, January 13, 2013

Très libres ou très seuls

Anciens combattants de guerres obsolètes, retraités de l’aventure, rescapés de divers naufrages, d’amours en fuite ou d’amitiés déçues, nous avons tous un jour ou l’autre le sentiment que la vie aurait pu être différente, mais qu’elle continue. Selon l’humeur du jour, nous nous sentons alors ou très libres ou très seuls.

Marc Augé, Casablanca

Thursday, October 25, 2012

Tuesday, July 19, 2011

Tout animal est supérieur à l'homme

Tout animal est supérieur à l'homme par ce qu'il y a en lui de divin, c'est-à-dire par l'instinct. Or, de tous les animaux, le Chat est celui chez lequel l'instinct est le plus persistant, le plus impossible à tuer. Sauvage ou domestique, il reste lui-même, obstinément, avec une sérénité absolue, et aussi rien ne peut lui faire perdre sa beauté et sa grâce suprême. Il n'y a pas de condition si humble et si vile qui arrive à le dégrader, parce qu'il n'y consent pas, et qu'il garde toujours la seule liberté qui puisse être accordée aux créatures, c'est-à-dire la volonté et la résolution arrêtée d'être libre. Il l'est en effet, parce qu'il ne se donne que dans la mesure où il le veut, accordant ou refusant à son gré son affection et ses caresses, et c'est pourquoi il reste beau, c'est-à-dire semblable à son type éternel. Prenez deux Chats, l'un vivant dans quelque logis de grande dame ou de poète, sur les moelleux tapis, sur les divans de soie et les coussins armoriés, l'autre étendu sur le carreau rougi, dans un logis de vieille fille pauvre, ou pelotonné dans une loge de portière, eh bien ! tous deux auront au même degré la noblesse, le respect de soi-même, l'élégance à laquelle le Chat ne peut renoncer sans mourir.

Théodore de Banville

Saturday, April 16, 2011

More Geometrico

"La ligne est composée d’un nombre infini de points ; le plan, d’un nombre infini de lignes ; le volume, d’un nombre infini de plans ; l’hyper-volume, d’un nombre infini de volumes... Non, décidément, ce n’est pas là, more geometrico, la meilleure façon de commencer mon récit. C’est devenu une convention aujourd’hui d’affirmer de tout conte fantastique qu’il est véridique ; le mien, pourtant, est véridique." Borges entame Le Livre de sable par ces mots. Je débute Soustractions avec les toutes premières phrases du Livre de Sable, mais sans savoir si ce blog sera plus véridique que le récit de l'illustre écrivain argentin. Il sera moins bien écrit, ça c'est certain. Mais je n'ai pas l'intention de surpasser Borges. D'ailleurs, je ne sais pas encore de quelle façon je vais alimenter Soustractions, je n'y ai pas pensé. Je ne le comblerai certainement pas de citations quelconques. J'ai tellement souvent employé ce procédé pour développer mes carnets en ligne, qu'aujourd'hui la lecture d'une citation me colle presque la nausée. Je voulais, avant tout, qu'un septième blog s'inscrive dans la liste des blogs ouverts sous ce profil, simplement parce que je n'aime pas le chiffre six et que je n'envisageais pas de supprimer un de mes blogs, d'en soustraire un à cette liste. Il m'en fallait donc un de plus. C'est fait ! C'est Soustractions !